
Ce qui est extraordinaire dans ce travail, ce sont les chants qui accompagnent le labeur tout au long de la journée. Ils ne ressemblent à rien de ce que je connaissais auparavant. Les travailleurs se divisent en 2 groupes non fixes, qui se répondent et répètent des phrases telles que : « lami lamo ton-lé », ce qui signifie que le travail est facile. Au fur et à mesure que les heures passent, le ton change, le rythme aussi, l’entrain évolue également, ce qui fait que la chanson est toujours différente. Nous faisons de nombreuses mais courtes pauses. Nous buvons du thé, les hommes préfèrent le « chang » (boisson légèrement alcoolisée fabriquée dans chaque maison à partir d’orge), dans lequel ils mettent une poignée de « gnampé » (farine d’orge grillée). Certaines femmes en boivent aussi un peu. À chaque pause, les hommes affutent leur faucille avec une pierre de la rivière. En général, une femme prend soin de tout le monde. Elle s’assure qu’il y ait assez de « chang », prépare les différents thés (le salé et le sucré), une grosse collation vers 11h ou 12h, puis le repas qui est servi dans le champs en début d’après-midi.
Une fois les ballots d’herbe confectionnés, on les met debout, 3 par 3. Et le travail ne s’arrête pas là : après cette journée de coupe, il faudra revenir les chercher. Les ladakhis utilisent comme un sac à dos une longue sangle, grâce à laquelle ils peuvent transporter de grosses quantités d’herbe. Ils les rapportent jusqu’à leur maison, puis les montent sur le toit pour les y faire sécher.
Quand on a travaillé toute la journée aux champs avec les ladakhis, leurs chansons résonnent encore dans la tête au moment de se coucher, et bercent un sommeil de plomb. Il s’agit d’une expérience merveilleuse et d’un privilège que de partager avec eux des moments pareils.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire