dimanche 15 novembre 2009

Cours de cuisine thaï

Dans le village chinois de Mae Salong, j’ai eu l’occasion de participer à un cours de cuisine thaïlandaise pendant une journée, pour un prix imbattable (surtout quand on considère tout ce que j’ai mangé pendant cette journée !).

La journée a commencé au marché, à 6h30 du matin, où Joyce nous a expliqué les secrets des ingrédients thaï. Elle a pu répondre à toutes les questions que l’on se pose quand on fréquente les marchés dans un pays où il y a plein de choses bizarres sur les étalages.

 

Voilà les légumes frais avec lesquels nous avons cuisiné 5 plats différents : pad thaï, salade thaïlandaise, curry jaune et curry vert, et, comme dessert, la citrouille au lait de coco.


Les ingrédients du pad thaï.


Le pad thaï.


Le curry vert, qui se mange avec du riz.

Non, la cuisine n’est pas une prison !

samedi 14 novembre 2009

Thé

La plupart des habitants de Mae Salong vivent de l’industrie du thé. Partout, dans la ville et aux alentours, des plantations, des entreprises le font sécher et le traitent.


Dans toutes les maisons, on n’est pas encore assis qu’on se fait offrir du thé. De toute part, des maisons de thé sont prêtes à nous faire déguster leurs meilleures infusions, gratuitement. Rien que pour les voir le préparer, ça vaut la peine d’arrêter.

Mae Salong, ou la Thaïlande chinoise

La petite ville de Mae Salong se trouve dans les montagnes, à l’extrême Nord de la Thaïlande, très près de la frontière de la Birmanie dans le triangle d’or. J’y ai passé un séjour merveilleux pendant 11 jours. 80 % des habitants de cette ville sont des chinois qui ont fui le communisme dans leur pays en 1961. Le reste de la population provient des minorités ethniques des tribus montagnardes.

Dans les environs de Mae Salong, on ne parle pas moins de 7 langues : chinois, thaï (et le thaïyaï, similaire), Lahu, Lisu, Akha, Mêaou (et le Yao, analogue), et le Lua. De quoi s’y perdre !


Portraits d’Akhas dans les rues de Mae Salong.


La rue passait sous ma chambre à 50 Baht la nuit (1,6 $ CA ou 1 €). Un peu bruyant à cause des motos, mais impossible de se plaindre quand on a une chambre confortable à ce prix-là, incluant Internet Wifi, du thé à volonté,l’usage de la machine à lave, et surtout la gentillesse d’une famille chinoise.

samedi 7 novembre 2009

Dernier voyage en bateau sur le Mékong

J’ai remonté le Mékong sur un bateau lent, pendant 2 longues journées. C’était très agréable : il n’y avait que 15 personnes sur le grand bateau, au lieu de 80 pour descendre la même rivière.


À l’avant du bateau, les offrandes qui protègent le voyage.


vendredi 6 novembre 2009

Cascades de Tat Sae

Une expédition à vélo très réussie, à 17 km de Luang Prapang, en compagnie des 2 amis avec lesquels j’ai séjourné dans cette ville. Noël est moitié thaï, moitié suisse et voyage à vélo. Il parle Thaï couramment et aussi Laotien (c’est très pratique d’avoir un traducteur). Marine est une bretonne de Lanester (le monde est petit) qui vient de passer 10 mois en Australie.


Journée baignade dans les piscines naturelles, avec un gros pique-nique que Noël s’est chargé de transporter depuis Luang Prabang.



Les éléphants passaient aussi dans les bassins d’eau turquoise, même quand on s’y baignait.

Arnaques à touristes

Dans les endroits touristiques, au Laos, on essaie de vous faire payer pour tout. Par exemple, à Luang Prabang, il en coûte 20 000 Kips (2,5 $ CA ou 1,5 € ; ça peut paraître peu, mais c’est le prix d’une chambre pour la nuit dans la plupart du pays) pour monter sur la colline située en plein cœur de la ville. Le temple est ridicule, la vue pour le Mékong n’est pas très dégagée pour y voir le coucher de soleil, mais, surtout, plus d’une centaine de touristes se battent presque pour pouvoir prendre une photo du coucher de soleil comme celle-ci, très quelconque…

… alors qu’une promenade sur le  bord du Mékong ne coûte rien, et permet de voir un coucher de soleil bien plus beau, dans une ambiance plus agréable :


De même, les grottes de Pak Ou, situées à 30 km de Luang Prabang, sont une bonne arnaque. Je les ai juste vues en passant en bateau, mais un ami a été très frustré de payer pour visiter ces deux petits trous dans le rocher, dans lesquels quelques centaines de minuscules statuettes de bouddha ont été installées.

mercredi 4 novembre 2009

Quelques images de Luang Prabang

Un gros lézard, d’environ 20 cm de long : j’étais sûre que c’était un faux, mais quand je m’en suis approchée, il a tourné la tête vers moi. Ça fait très bizarre !


Un peu partout au Laos, des pancartes rédigées en français, même parfois dans de petits villages.


Une image très classique dans les rues de Luang Prabang : les moines bouddhistes avec leur parapluie. À croire qu’ils ont une allocation spéciale pour acheter des parapluies, pour que les touristes fassent de belles photos.


Depuis quelques mois, j’ai adopté le parapluie moi aussi. Très utile pendant la mousson, mais aussi pour avoir son ombre portative quand il fait chaud. Bien plus agréable qu’un chapeau.

mardi 3 novembre 2009

Chez « Papa » et « Mama »

La cabane que j’ai louée à Muang Ngoi était en bambou.


Le toit était aussi en bambou.


La vue depuis mon hamac. 

« Papa » et « Mama » m’ont traitée comme leur propre fille. 

« Papa » fait griller un varan pour le manger.

Muang Ngoi

J’ai passé 5 jours dans le village de Muang Ngoi, accessible uniquement par bateau.


La rue principale (et presque la seule rue du village).

Pas de route, pas de voitures, pas de motos, des paysages de rêve… un vrai paradis. Mais les oreilles ne peuvent pas se reposer pour autant : les moteurs des bateaux sont très forts et commencent aux premières lueurs du jour, et la basse saison touristique signifie la construction de nouveaux bungalows, avec une génératrice pour fournir de l’électricité.


C’est la fin de la saison des pluies : les habitants préparent des barrières de bambou pour clore leur jardin potager sur le bord de la rivière Nam Ou, maintenant que le niveau de l’eau est plus bas.


Sur la corde à linge, la peau d’un petit félin.

lundi 2 novembre 2009

Carte du Laos

Voici les endroits où je me suis arrêtée pendant le mois que j’ai passé au Laos. J’ai voyagé pendant 6 jours en bateau : 3 journées sur le Mékong (entre Luang Prabang et Huay Xai) et 3 autres sur la Nam Ou (entre Phongsali et Nong Khiaw).

Muang Khua

Quand je suis revenue à Muang Khua, l’ambiance était très différente de celle de mon premier passage : le festival était fini et c’était bien tranquille. J’ai beaucoup aimé cette petite ville très Laotienne.


Le pont suspendu de Muang Khua est très long et très haut. Ça bouge bien dans le milieu, et les habitants y circulent à pieds, à vélo, ou même à moto.

Tribus Akhas

Pendant ma randonnée dans la province de Phongsali, j’ai séjourné dans deux villages Akhas situés à environ 3 heures de marche de la route. Les Akhas sont des tribus que l’on retrouve au Laos, et également en Thaïlande, au Myanmar et au Yunnan. Les femmes portent un costume traditionnel noir avec des broderies colorées, et une coiffe ornée de nombreuses pièces de monnaie. Elles sont magnifiques. Les hommes, par contre, ont la plupart du temps arrêté de porter le vêtement de leur tribu. Ils fument la cigarette dans de grosses pipes à eau en bambou.

J’ai pu m’entretenir avec les chefs de ces deux villages grâce à l’aide de mon guide, Kampi, qui traduisait du Phunoï à l’Espagnol. Les fonctionnements de ces deux hameaux, et les réponses de ces deux chefs sont assez similaires.

Le premier village s’appelle Mos Osan. Il compte 280 habitants venant de 70 familles différentes, environ 300 bovins et plus de 1000 porcs (un nombre impossible à vérifier). Il appartient à l’ethnie Akha Mi-O.

L’autre hameau se nomme Papun Maï, et ses 306 habitants sont de l’ethnie Akha Fix-O.

Un chef est élu pour une période de trois ans. Pour être chef, il faut surtout être calme. En effet, il émane une grande sagesse de ces deux personnages. Ils m’expliquent qu’il faut surtout faire de l’éducation et de la prévention pour mener à bien ses fonctions.

Je me demandais s’il était difficile de gérer un village de 300 habitants, et comment les problèmes étaient réglés. « Des problèmes ? Non, ça n’existe pas chez nous. Dans d’autres villages, oui, il y en a, mais pas dans les nôtres. », me répondent-ils chacun, à quelques heures d’intervalle, avec un petit sourire, à la fois fiers et surpris de ma question. « Nous n’avons ni voleur, ni fumeur d’opium. Les gens sont tranquilles et respectent les lois du village. »

À bien y réfléchir, il y a bien eu un problème, une fois, à Mos Osan : deux cochons ont été volés par les gens d’une autre tribu. Le chef de Mos Osan est donc allé trouver les voleurs pour leur parler des lois. Ils ont payé plus de 4 millions de Kips de compensation (environ 500 $ CA ou 315 €), et le problème était réglé.

À Papun Maï, ce qui complique l’existence, c’est que les vieux ne savent ni lire ni écrire. À cause de ses fonctions, le chef a dû s’y remettre. Toutefois, ce n’est pas facile, il n’avait pas pratiqué depuis longtemps. À l’école, on lui avait appris à lire et à écrire en Laotien, langue qui n’est pas parlée au village.

Chacun des deux chefs s’interroge sur l’avenir de son agglomération. Ils ont besoin d’un nouveau revenu d’argent, et se demandent quelle culture pourrait le leur apporter. L’un d’entre eux a été approché par des gens d’affaire qui voudraient qu’ils cultivent la canne à sucre. Mais les techniques proposées les obligeraient à utiliser des nombreux pesticides, et plus rien ne pousserait sur ces terres au bout de trois ans.

Une autre option, que les deux chefs envisageaient, était de déplacer les villages, les rapprocher de la ville de Phongsali, pour y cultiver le thé. Mais c’était avant l’effondrement du prix du thé : le prix de gros a chuté de 80 000 Kips (10 $ CA ou 6,3 €) à 2000 Kips (0,25 $ ca ou 0,16 €), pour un kilo…

Le chef de Papun Maï a un rêve pour son village : une route. Je lui explique à quel point une route peut apporter des problèmes, et combien il risque de perdre la paix qui règne chez eux. Mais il est aveuglé par les avantages que cela aurait, et me répond : « Au moins une petite route, pour venir en moto toute l’année ! ». J’avais été surprise de voir une moto qui trônait dans son salon, avec des vêtements accrochés dessus. Pour le moment, il arrive à circuler dans les sentiers par lesquels je suis venue, à la saison sèche seulement.

En deux mois en Thaïlande et au Laos, je n’ai jamais aussi bien mangé. À chaque repas, en plus du riz, cinq ou six préparations sont sur la table basse, et chacun se sert dans les plats avec ses baguettes. Comme ils savent que je suis végétarienne (la bonne blague : ils en ont bien ri !), il n’y a pas de viande. Les femmes ont cuisiné dans un coin de la maison, au feu de bois, plusieurs sortes de légumes, du bambou, des fèves de soja, des cacahuètes grillées. Je me régale et demande à mon guide : « Est-ce qu’ils mangent aussi bien tous les jours, ou bien ont-elles préparé des plats spéciaux parce que nous sommes là ? ». Étonnée, j’apprends qu’il s’agit de repas ordinaires. Il leur arrive aussi de ne manger que de la viande et du riz. Une famille de six personnes consomme environ cinq tonnes de riz dans une année.

Ils sont quasiment autosuffisants en matière de nourriture. À Mos Osan, il existe même une loi qui interdit d’acheter des aliments à l’extérieur et de les rapporter au village, à part pour ce qu’ils ne produisent pas (par exemple, l’huile). Dire que certains peuples, qui se nourrissent de plats surgelés ou en conserve, de fruits et légumes pleins d’OGM, de viandes injectées d’antibiotiques, essaient de nous faire croire que ces gens-là, qui vivent si bien, sans stress malgré leur dur travail physique, sont pauvres alors qu’eux-mêmes sont riches…

La porte d’entrée du village de Mos Osan, avec  les symboles destinés à faire fuir les mauvais esprits.



Mos Osan.


Papun Maï


La maison du chef de Papun Maï, où j’ai dormi. Les habitations ne possèdent aucune fenêtre, seulement 2 portes.


Le chef de Mos Osan et son fils, qui fument le tabac dans la pipe à eau. Je n’ai pas osé prendre les femmes en photo.



Un repas succulent.


À Mos Osan comme à Papun Maï, les cochons sont partout, en liberté. Ils sont élevés pour être mangés et vendus.